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Transporter son cheval en van : permis, règles et habituation à l'embarquement

Balades & randonnée · Publié le 2026-10-19

Une rangée de vans à chevaux gris garés sur un pré, délimitée par un ruban, lors d'un rassemblement
Vans à chevaux lors d'un rassemblement à Merfeld (Allemagne). Photo : Dietmar Rabich, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Rejoindre un départ de randonnée, emmener son cheval chez le vétérinaire, déménager vers une nouvelle maison avec terrain : un jour ou l'autre, le cheval voyage. Le transport en van est un moment de stress pour beaucoup de chevaux, et une source d'accidents quand l'attelage est mal choisi ou l'embarquement improvisé. Les règles tiennent en trois volets : le permis du conducteur, le bien-être de l'animal pendant le trajet, et les papiers.

Quel permis pour tracter un van ?

La réponse dépend du poids total autorisé en charge (PTAC) du van et de la voiture, inscrit sur les certificats d'immatriculation. Selon la fiche du service public sur le permis B :

Permis B
Suffit si le PTAC de la remorque ne dépasse pas 750 kg, ou si la somme des PTAC de la voiture et de la remorque ne dépasse pas 3 500 kg.
Mention 96
Nécessaire quand la remorque dépasse 750 kg et que la somme des PTAC est comprise entre 3 500 et 4 250 kg. Elle s'obtient après une formation de 7 heures dans un établissement ou une association agréés ; l'attestation de formation ne suffit pas pour conduire, c'est l'établissement qui demande l'ajout de la mention sur le permis.
Permis BE
Au-delà de 4 250 kg cumulés, il faut le permis BE, qui permet de tracter une remorque dont le PTAC ne dépasse pas 3 500 kg ; il faut avoir 18 ans et être déjà titulaire du permis B.

Un van pour deux chevaux, chargé, dépasse presque toujours 750 kg. Faites le calcul avec les chiffres réels de votre voiture et de votre van, et vérifiez aussi le poids remorquable autorisé de la voiture : il peut être inférieur à ce que le permis autorise.

Les règles de bien-être pendant le transport

La fiche officielle sur la détention d'un équidé rappelle les conditions à respecter, même pour un trajet privé :

Le transport d'équidés dans le cadre d'une activité économique relève du règlement européen n° 1/2005, avec des obligations renforcées au-delà de 65 kilomètres (autorisation du transporteur, formation, documents) : renseignez-vous auprès de la direction départementale de la protection des populations si vous transportez des chevaux pour d'autres contre rémunération. Selon l'IFCE, un particulier qui transporte son propre cheval n'est pas soumis à ce règlement, même s'il vend l'animal. Côté professionnel, la formation exigée a pris en avril 2020 le nom de certificat de compétence des conducteurs et des convoyeurs, l'ancien CAPTAV ; elle est attachée à la personne qui conduit ou accompagne les animaux.

Chaleur et van fermé

Le protocole Cheval bien-être de l'IFCE cite expressément l'exemple d'un cheval trop couvert dans un van fermé comme situation de stress thermique. En été, voyagez aux heures fraîches, aérez, ne laissez jamais un van stationné en plein soleil avec un cheval à l'intérieur et proposez à boire lors des arrêts.

Les papiers à bord

Le passeport du cheval doit l'accompagner dans tous ses déplacements. Emportez aussi les certificats d'immatriculation et l'assurance de la voiture et du van, votre permis, et, selon la destination, le carnet de vaccination à jour. Si le cheval séjourne ailleurs, le responsable du lieu d'accueil doit être déclaré comme détenteur auprès de l'IFCE.

Avant de partir : vérifier l'attelage

Apprendre au cheval à monter dans le van

Beaucoup de problèmes d'embarquement viennent d'une première expérience désagréable. Les éthologues rappellent que le van est souvent un endroit sombre, ce qui peut inquiéter le cheval, dont l'œil s'adapte lentement aux changements de lumière, et que le cheval garde longtemps la mémoire d'une mauvaise expérience. L'apprentissage se fait donc à froid, bien avant le jour du départ :

  1. Un van stable et lumineux : bien attelé ou calé, portes avant ouvertes pour faire entrer la lumière.
  2. Des étapes : approcher, poser un pied sur le pont, deux, entrer à moitié, entrer, ressortir calmement.
  3. Récompenser chaque progrès, de préférence par une récompense alimentaire donnée immédiatement, et s'arrêter sur une réussite.
  4. Des séances courtes, répétées plusieurs jours.
  5. Un compagnon calme déjà embarqué peut aider un cheval inquiet.

Ces principes, détaillés dans notre article sur la façon dont le cheval apprend, valent mieux que la force : un cheval embarqué de force a de bonnes chances de refuser plus violemment la fois suivante.

Le cheval qui voyage seul

Le cheval étant un animal social, voyager seul est souvent plus stressant que voyager avec un compagnon. Un filet de foin aide à occuper le trajet. Si le cheval doit souvent voyager seul, habituez-le progressivement, sur de courts trajets d'abord, et ne le laissez jamais seul dans un van à l'arrêt. À destination, un cheval séparé de ses congénères peut hennir, s'agiter et chercher à rejoindre les autres : prévoyez un lieu d'attache sûr ou un paddock bien clôturé.

Sur la route

Conduisez en souplesse : le cheval, debout, subit chaque freinage et chaque virage. Anticipez, prenez les ronds-points lentement, évitez les accélérations brusques. Sur un long trajet, arrêtez-vous régulièrement pour vérifier le cheval sans le débarquer sur une aire d'autoroute, sauf nécessité. À l'arrivée, laissez-lui le temps de descendre calmement et de découvrir les lieux. Pour la suite, en balade ou en randonnée, nos articles sur la préparation d'une randonnée et sur le cheval sur la route prennent le relais.

Sources