Balades & randonnée

Préparer une randonnée à cheval : le cheval, l'itinéraire, l'équipement et les papiers

Balades & randonnée · Publié le 2026-10-21

Une file de cavaliers en randonnée dans une large vallée de montagne herbeuse, entre des pentes rocheuses et des sapins
Randonnée équestre dans la vallée de la Lance (Alpes-de-Haute-Provence). Photo : JYB Devot, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Partir plusieurs jours à cheval, de gîte en gîte ou en autonomie, est l'une des plus belles façons de vivre l'équitation de loisir. C'est aussi une épreuve physique pour le cheval et une aventure logistique pour le cavalier. La réussite se joue en grande partie avant le départ : un cheval préparé, des pieds en état, un itinéraire réaliste, un équipement essayé et des papiers en règle.

Un cheval prêt pour l'effort

Un cheval qui sort une heure le dimanche n'est pas prêt à marcher six heures par jour pendant une semaine. La préparation se fait progressivement, sur plusieurs semaines, en allongeant les sorties, en variant les terrains et en ajoutant du dénivelé. Elle sert aussi à repérer ce qui ne va pas : une selle qui blesse, une boiterie qui apparaît après deux heures, une appréhension face aux ponts ou aux troupeaux.

Les pieds, priorité absolue

Sur des chemins caillouteux ou goudronnés, la corne s'use vite. Faites passer le maréchal-ferrant quelques jours avant le départ plutôt que la veille, pour laisser au pied le temps de s'adapter à une nouvelle ferrure. Pour un cheval pieds nus, testez les hipposandales en conditions réelles avant de partir. Emportez un cure-pied et, pour une randonnée longue, de quoi tenir jusqu'à un maréchal (hipposandale de secours, par exemple). Notre article sur les pieds du cheval détaille ces choix.

Un itinéraire réaliste

La distance raisonnable d'une étape dépend du cheval, du relief, de la chaleur et de l'expérience du cavalier : mieux vaut sous-estimer que l'inverse, surtout les premiers jours. Prévoyez la marche à pied dans les fortes descentes et une pause en milieu de journée, cheval dessellé si possible.

Chemins
Les chemins ruraux sont en principe ouverts au public, mais le maire peut y réglementer la circulation. En forêt et sur les propriétés privées, des règles spécifiques ou une autorisation peuvent s'appliquer.
Itinéraires balisés
Les comités départementaux et régionaux de tourisme équestre et certains départements publient des itinéraires adaptés aux chevaux.
Points d'eau
Repérez-les sur la carte : un cheval qui marche par temps chaud boit beaucoup plus qu'au repos.
Routes
Limitez les tronçons sur routes fréquentées ; notre article sur le cheval sur la route rappelle les règles.

Où dormir ?

Les gîtes et relais équestres accueillent chevaux et cavaliers, avec pré ou box, foin et eau. Réservez à l'avance et précisez le nombre de chevaux, leurs éventuelles incompatibilités et s'ils ont l'habitude des clôtures électriques. En autonomie, l'accord du propriétaire du terrain est indispensable pour faire étape. Un parc électrique mobile, emporté par un véhicule d'assistance, peut servir de pré temporaire, à condition que le cheval y soit habitué.

L'équipement

Les papiers à emporter

Nourrir en randonnée

Un cheval qui marche plusieurs heures par jour dépense davantage d'énergie, mais son système digestif reste celui d'un herbivore qui a besoin de fibres en continu. Le foin, ou l'herbe, reste la base : prévoyez-en le soir à volonté si possible, et laissez le cheval brouter lors des pauses quand c'est permis. Si un complément est nécessaire, il doit avoir été introduit progressivement avant le départ : une randonnée n'est pas le moment de changer de ration. Emportez ou faites livrer aux étapes l'aliment habituel du cheval, et demandez aux gîtes ce qu'ils fournissent. Par temps chaud, les pertes de sels par la sueur augmentent : parlez avec votre vétérinaire de l'intérêt d'un complément d'électrolytes.

Sur le terrain : surveiller son cheval

À chaque pause, regardez les pieds, le dos, la sangle, l'appétit et l'envie de boire. Un cheval qui boude son foin le soir, qui a le dos sensible à la pression de la main ou qui transpire anormalement doit se reposer. Par forte chaleur, le protocole Cheval bien-être de l'IFCE énumère les signes de stress thermique : naseaux dilatés, respiration rapide et ample, dodelinements de tête, apathie, sudation importante. Marchez aux heures fraîches, abreuvez souvent, cherchez l'ombre.

Le soir, laissez le cheval se rouler, manger et se reposer avant de s'occuper de soi. Le lendemain matin, un test simple : le cheval part-il d'un pas franc et régulier ? Au moindre doute, mieux vaut écourter une étape que compromettre la suite.

Rentrer, et après

Après une randonnée, accordez quelques jours de repos au pré et surveillez l'état des pieds et du dos. Si vous devez rejoindre le point de départ ou rentrer en van, notre article sur le transport du cheval rappelle les précautions à prendre.

Sources