Soins & alimentation

Le cheval au pré en hiver : poil, abri, fourrage et quand mettre une couverture

Soins & alimentation · · Publié le 2026-11-01

Pré enneigé bordé d'arbres nus où des chevaux couverts de couvertures broutent près d'une clôture
Chevaux couverts au pré enneigé. La couverture aide certains chevaux, mais ne remplace ni le foin ni l'abri. Photo : TipFox, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Chaque automne, la même question revient au bord des prés : faut-il couvrir son cheval ? Les rayons des selleries sont pleins de couvertures de toutes épaisseurs, et l'image d'un cheval nu sous la pluie inquiète. Pourtant, un cheval adulte en bonne santé, avec son poil d'hiver, du fourrage à volonté et un endroit où s'abriter, supporte le froid bien mieux que nous. La couverture est un outil utile pour certains chevaux, pas une obligation pour tous, et mal utilisée elle peut même desservir celui qu'elle est censée protéger.

Comment le cheval se protège du froid

Le cheval prépare l'hiver dès la fin de l'été. La baisse de la durée du jour déclenche la pousse d'un poil plus long et plus dense, qui emprisonne une couche d'air isolante contre la peau. Quand il fait froid, le cheval hérisse ce poil pour augmenter son épaisseur, bouge davantage et, si nécessaire, frissonne pour produire de la chaleur. Sa peau sécrète aussi un sébum qui rend le poil en partie imperméable : c'est pour cela qu'un cheval au pré ne doit pas être brossé à fond l'hiver.

La Fédération française d'équitation situe la zone de confort thermique du cheval en moyenne entre 5 °C et 25 °C, avec des différences selon l'âge et la race. En dessous, le cheval dépense de l'énergie pour se maintenir au chaud. Toujours selon la FFE, ce n'est qu'en dessous d'environ −15 °C pour un adulte en bonne santé, et de 0 °C pour un poulain, qu'il faut apporter un supplément d'énergie, une couverture ou un abri plus efficace.

La principale source de chaleur, c'est la digestion des fibres : la fermentation du fourrage dans le gros intestin produit de la chaleur en continu. Un cheval qui a du foin à disposition se chauffe littéralement de l'intérieur.

À retenir

Le froid sec se supporte bien. Ce qui épuise un cheval, c'est la combinaison de la pluie, du vent et de la boue : un poil trempé et plaqué n'isole plus, et le vent emporte la chaleur. Un abri et du foin comptent bien plus que la température affichée.

Ce qu'il faut prévoir au pré

La fiche du service public sur la détention d'un équidé le rappelle : les animaux gardés en plein air doivent disposer d'installations qui les protègent du froid ou des grosses chaleurs, et l'eau doit rester disponible en permanence, protégée du gel en hiver. Concrètement :

La FFE suggère aussi d'éloigner les zones de foin de l'abreuvoir et de l'abri : le cheval marche davantage, ce qui l'aide à se réchauffer et limite le piétinement à un seul endroit.

Quels chevaux ont besoin d'une couverture ?

La décision se prend cheval par cheval. Un poney Shetland ou un cheval de trait rustique au poil épais n'a pas les mêmes besoins qu'un pur-sang au poil fin arrivé d'une région plus douce. Une couverture se justifie surtout dans les cas suivants :

À l'inverse, un cheval qui a son poil d'hiver, de la compagnie, du foin et un abri n'a généralement pas besoin de couverture. La neige qui reste posée sur son dos sans fondre est d'ailleurs bon signe : elle montre que son poil isole bien et que la chaleur ne s'échappe pas.

Bien utiliser une couverture

Une couverture mal choisie ou oubliée crée ses propres problèmes. Le protocole Cheval bien-être de l'IFCE cite d'ailleurs le cheval trop couvert parmi les exemples de stress thermique. Quelques règles :

  1. Choisir une couverture d'extérieur imperméable et respirante, à la bonne taille : trop petite, elle frotte au garrot et aux épaules ; trop grande, elle glisse et le cheval peut se prendre les membres dans les sangles.
  2. Adapter l'épaisseur à la météo, pas au calendrier. Un cheval qui transpire sous sa couverture lors d'une journée douce se retrouve trempé, puis refroidi. Passez la main sous la couverture, au niveau du poitrail ou de l'épaule : la peau doit être sèche et tiède, ni moite ni froide.
  3. Découvrir et vérifier régulièrement : au moins tous les jours, regarder les points de frottement et l'état de la peau ; au moins une fois par semaine, retirer la couverture pour palper le cheval. Sous une couverture, un amaigrissement passe facilement inaperçu.
  4. Laisser sécher le poil avant de couvrir un cheval qui a transpiré au travail ou qui rentre mouillé ; une couverture posée sur un poil humide garde l'humidité contre la peau.
  5. Ne pas couvrir par réflexe : décidez en début de saison, selon le cheval et ses conditions de vie. Un cheval couvert compte ensuite sur sa couverture ; la mettre et l'ôter au hasard des journées l'expose à des écarts qu'il gère mal.

Les signes à surveiller

Un cheval qui a froid se reconnaît : il frissonne, se tient le dos voûté, la queue serrée, l'arrière-main tournée au vent, reste immobile au lieu de manger, ou perd de l'état au fil des semaines. Les expressions de douleur ou d'inconfort, oreilles figées, regard fixe, naseaux tendus, aident aussi à repérer un animal qui va mal. À l'inverse, un cheval couvert qui transpire, se frotte contre les clôtures ou présente des zones de poil cassé a probablement trop chaud ou une couverture mal ajustée.

Enfin, l'hiver au pré est aussi la saison de la boue : surveillez le bas des membres, où le poil humide et sale favorise des dermatites, et les pieds, que le sol détrempé ramollit.

Cet article donne des repères généraux. Pour un cheval âgé, malade ou qui maigrit en hiver, demandez conseil à votre vétérinaire.

Sources