Soins & alimentation

L'eau du cheval : combien boit-il, et comment l'abreuver au pré toute l'année

Soins & alimentation · Publié le 2026-10-19

Des chevaux s'abreuvent à une mare au bord d'un pré, un cheval gris broute au premier plan
Chevaux à l'abreuvoir naturel, Kalkar (Allemagne). Photo : Pieter Delicaat, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

On pense volontiers au foin, aux soins des pieds ou au vétérinaire, et l'eau passe au second plan, comme une évidence. Pourtant, un cheval peut boire plusieurs dizaines de litres par jour, et un abreuvoir vide, gelé ou souillé suffit à provoquer une colique ou une baisse d'état. Garantir une eau propre en permanence, au pré comme à l'écurie, est l'une des obligations les plus simples à énoncer et les plus exigeantes à tenir.

Combien boit un cheval ?

Selon les références de l'IFCE, un cheval adulte à l'entretien, dans sa zone de confort thermique, boit de l'ordre de 5 litres d'eau par 100 kg de poids vif et par jour, soit environ 25 litres pour un cheval de 500 kg. Ce chiffre de base varie fortement :

Les fiches de l'IFCE évoquent des consommations qui vont globalement de 20 à 60 litres par jour, et jusqu'à 70 litres en période de travail, de lactation ou de forte chaleur. Pour dimensionner une installation, raisonnez donc sur le haut de la fourchette, multiplié par le nombre de chevaux.

Ce que dit la réglementation

La fiche officielle du service public sur la détention d'un équidé est sans ambiguïté : il est impératif de laisser constamment de l'eau propre et fraîche à disposition de l'animal, renouvelée autant que de besoin et protégée du gel en hiver. Les abreuvoirs doivent être conçus pour limiter les risques de contamination et pour que tous les animaux puissent y accéder.

Le protocole Cheval bien-être de l'IFCE fait de la disponibilité et de la propreté de l'eau un indicateur à part entière : un point d'eau qui fonctionne et contient effectivement de l'eau, un dispositif et une eau propres.

Quel abreuvoir au pré ?

Bac ou tonne à remplir

Simple et peu coûteux, le bac à remplir demande une surveillance quotidienne, et souvent deux fois par jour l'été. Un grand volume donne de la marge mais se salit plus et se nettoie moins facilement. Placé à l'ombre, il limite le développement d'algues.

Abreuvoir automatique

Raccordé au réseau ou à une réserve, il assure un apport continu. Il faut vérifier chaque jour qu'il fonctionne (une palette bloquée, une fuite ou un tuyau gelé passent vite inaperçus), et l'habituer aux chevaux qui n'en ont jamais utilisé.

Mare, ruisseau, rivière

Une eau naturelle peut convenir si elle est courante, propre et d'accès sûr. Mais les berges glissantes, les eaux stagnantes en été, la présence d'algues ou de pollutions, et le gel l'hiver, en font rarement une solution unique. Mieux vaut prévoir un abreuvoir de secours.

Le bon emplacement

Un point d'eau accessible depuis chaque parcelle, loin des angles où un cheval dominé pourrait être coincé, sur un sol qui ne se transforme pas en bourbier, et assez loin des arbres dont les feuilles et les graines tombent dedans, en particulier les érables sycomores à l'automne.

Entretenir l'abreuvoir

Feuilles, crottins, oiseaux noyés, algues : un abreuvoir se salit vite. Un nettoyage régulier à la brosse, sans détergent agressif, et un rinçage abondant suffisent dans la plupart des cas. Observez l'eau chaque jour : un cheval qui refuse de boire, ou qui boit soudain beaucoup plus, mérite qu'on s'interroge sur sa santé autant que sur l'eau.

L'hiver, l'eau qui gèle

Le gel est le moment où l'abreuvement est le plus souvent pris en défaut. Une couche de glace de quelques centimètres suffit à priver les chevaux d'eau pendant une journée entière. Les solutions vont du simple passage matinal pour casser la glace aux canalisations enterrées hors gel, en passant par les abreuvoirs isothermes ou chauffants. Un cheval nourri au foin l'hiver a pourtant besoin de boire : un cheval qui boit trop peu est plus exposé à certaines coliques.

L'été, l'eau qui chauffe

Par forte chaleur, l'eau d'un bac exposé au soleil chauffe et se dégrade vite. Le protocole Cheval bien-être décrit les signes de stress thermique chez le cheval : naseaux dilatés, respiration accélérée (plus de 24 mouvements par minute) et plus ample, dodelinements de tête, apathie, transpiration importante. Ombre, eau fraîche renouvelée et, au besoin, un apport de sel aident à prévenir le coup de chaleur.

Repérer un cheval qui boit trop peu

Un cheval peut boire moins qu'il ne devrait sans que cela se voie : abreuvoir peu engageant, eau glacée ou chaude, cheval dominé écarté par un congénère, changement d'environnement. Des crottins plus secs et plus petits, une baisse d'appétit, un abattement inhabituel doivent alerter. Observer les chevaux au point d'eau, surtout après l'arrivée d'un nouveau, permet de vérifier que chacun y accède.

Puits et forage : les règles

Un puits ou un forage domestique permet de s'affranchir du réseau, mais il doit être déclaré en mairie, au moins un mois avant les travaux. Le service public détaille les distances à respecter : un nouvel ouvrage doit notamment se trouver à plus de 35 mètres des bâtiments d'élevage et de leurs annexes, des stockages de produits polluants et des installations d'assainissement. Faites analyser l'eau, en particulier si elle sert aussi à la maison.

L'eau fait partie de la ration au même titre que le fourrage : notre article sur l'alimentation du cheval donne les repères pour le foin, et celui sur la vermifugation raisonnée rappelle le lien entre hygiène des pâtures et santé.

Sources