Soins & alimentation

Vermifugation raisonnée du cheval : coproscopies, seuils et calendrier

Soins & alimentation · Publié le 2026-10-17

Pré enneigé bordé d'arbres nus où des chevaux couverts de couvertures broutent près d'une clôture
Chevaux au pré en hiver, près de Leverkusen (Allemagne). Photo : TipFox, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Pendant des décennies, la règle était simple : vermifuger tous les chevaux, systématiquement, tous les deux ou trois mois, en changeant de molécule. Cette pratique a favorisé l'apparition de parasites résistants aux vermifuges, au point que certaines familles de médicaments ne fonctionnent plus dans de nombreux élevages. L'IFCE et les vétérinaires recommandent désormais une vermifugation raisonnée : traiter moins, mais mieux, en s'appuyant sur des analyses.

Les principaux parasites du cheval au pré

Les chevaux qui pâturent hébergent presque tous des parasites digestifs. Les plus courants chez l'adulte sont les petits strongles, ou cyathostomes : leurs œufs, rejetés dans les crottins, donnent sur l'herbe des larves que les chevaux avalent en broutant. Une partie de ces larves peut rester enkystée dans la paroi de l'intestin pendant l'hiver et se réveiller en masse au printemps, provoquant une maladie grave, la cyathostomose larvaire. D'autres parasites (ascaris chez les jeunes, ténias, gastérophiles) ont leurs propres cycles et périodes de risque.

La présence de parasites n'est pas en soi une maladie : un cheval adulte en bonne santé vit avec une charge modérée. L'objectif n'est pas l'éradication, impossible, mais le maintien d'une charge faible et la préservation de l'efficacité des vermifuges.

Le principe : tous les chevaux n'excrètent pas autant

Dans un groupe, une minorité de chevaux rejette la majorité des œufs. Ce sont les « forts excréteurs ». Les autres, « faibles excréteurs », contrôlent naturellement leur charge parasitaire. Traiter tout le monde au même rythme revient donc à exposer inutilement les parasites des faibles excréteurs aux molécules, et à sélectionner des résistances.

La coproscopie, outil de base

La coproscopie consiste à compter, au laboratoire, le nombre d'œufs de strongles par gramme de crottin (OPG). Le vétérinaire peut la prescrire et l'interpréter. Selon les recommandations relayées par l'IFCE :

Prélever correctement

Récoltez un crottin frais, de préférence encore tiède, en prenant un peu de matière à plusieurs endroits, dans un sachet propre bien fermé, identifié au nom du cheval, et faites-le parvenir rapidement au laboratoire ou au vétérinaire, au frais. Un crottin resté longtemps au soleil fausse le résultat.

Qui traiter, et quand ?

Les jeunes chevaux, très sensibles aux petits strongles, restent traités plus régulièrement : l'IFCE indique trois à quatre vermifugations par an, systématiquement, pour les chevaux de un à trois ans, selon le même protocole que les adultes forts excréteurs. Au-delà de trois ans, on passe à la vermifugation raisonnée : chez les adultes faibles excréteurs, une ou deux vermifugations par an suffisent généralement, au printemps et en novembre, contre trois à quatre pour les forts excréteurs, selon le protocole établi avec le vétérinaire.

Un traitement de fin d'automne ou de début d'hiver, avec une molécule active sur les larves enkystées, est classiquement recommandé pour prévenir la cyathostomose larvaire du printemps suivant. Selon les régions et les pratiques, un traitement contre les ténias ou les gastérophiles peut s'y ajouter. Le calendrier précis se décide avec le vétérinaire, qui connaît l'effectif et les résistances locales.

La gestion des pâtures, l'autre moitié de la prévention

Les vermifuges ne font qu'une partie du travail. L'essentiel des larves se trouve sur l'herbe, pas dans le cheval. Plusieurs mesures réduisent la contamination :

Surveiller ses chevaux

Un cheval qui maigrit, dont le poil est terne, qui a des coliques à répétition ou une diarrhée mérite un examen, et pas seulement un vermifuge donné « au cas où ». Le suivi de la note d'état corporel, décrit dans notre article sur l'alimentation du cheval, aide à repérer une dégradation lente. Les dents, la qualité du foin ou un problème de santé peuvent expliquer un amaigrissement autant que les parasites.

Tenez un carnet par cheval avec les dates et résultats de coproscopies, les vermifuges administrés et les doses : c'est la base d'un protocole raisonné, et le vétérinaire en aura besoin. Le même carnet peut accueillir le suivi des soins des pieds et des vaccinations.

Les erreurs les plus fréquentes

Bien administrer un vermifuge

La dose dépend du poids : sous-doser favorise les résistances. Pesez le cheval ou estimez son poids avec un ruban barymétrique ou l'outil de simulation de l'IFCE, et vérifiez que la pâte a bien été avalée. Respectez les précautions indiquées sur la notice et l'avis du vétérinaire, notamment pour les juments gestantes, les poulains et les chevaux âgés.

Sources