Soins & alimentation

Coliques du cheval : reconnaître les signes et bien réagir en attendant le vétérinaire

Soins & alimentation · · Publié le 2026-10-29

Gros plan en noir et blanc sur la tête d'un cheval blanc qui mange du foin posé au sol
Un fourrage disponible en continu reste la base de la prévention des troubles digestifs. Photo : Minolaf, via Wikimedia Commons, CC0.

Tous ceux qui ont un cheval finissent par connaître ce moment : un cheval qui ne finit pas son foin, qui se couche à une heure inhabituelle, qui regarde son ventre. La colique est l'urgence la plus redoutée des propriétaires, parce qu'elle peut aller d'un inconfort passager à une situation chirurgicale en quelques heures. Savoir la reconnaître tôt et adopter les bons réflexes ne remplace pas le vétérinaire, mais lui fait gagner un temps précieux.

Cet article donne des repères généraux. Il ne remplace ni le diagnostic ni les conseils de votre vétérinaire, qui reste le seul à pouvoir évaluer la gravité d'une colique.

Une colique, c'est quoi ?

Le mot ne désigne pas une maladie, mais un symptôme : une douleur abdominale. Elle est le plus souvent d'origine digestive (estomac, intestin grêle, gros intestin), mais une douleur venue d'un autre organe peut produire les mêmes signes. Derrière une même attitude peuvent se cacher une simple accumulation de gaz, un engorgement du gros intestin par des aliments mal digérés, un ulcère, ou un déplacement ou une torsion de l'intestin qui ne se résoudra pas sans chirurgie.

Le cheval y est particulièrement exposé par sa conformation : un estomac petit, un intestin très long qui flotte en partie librement dans l'abdomen, et l'impossibilité pratique de vomir. Son système digestif est fait pour recevoir de petites quantités de fourrage presque en continu, ce que la vie domestique ne respecte pas toujours.

Les signes à reconnaître

Un cheval qui souffre ne crie pas : il change de comportement. Les signes vont du plus discret au plus spectaculaire, et leur intensité ne dit pas toujours la gravité de la cause.

Les signes discrets, souvent les premiers

Les signes plus marqués

Une règle simple

Un cheval qui ne mange pas, chez qui rien ne semble expliquer ce refus, est un cheval à surveiller de près. Notez l'heure des premiers signes : votre vétérinaire vous la demandera.

Que faire en attendant le vétérinaire ?

La fiche du service public sur la détention d'un équidé le rappelle : tout animal qui paraît malade ou blessé doit être soigné sans délai, et un vétérinaire consulté dès que possible si son état le justifie. Pour une colique, c'est presque toujours le cas. Appelez tôt : un vétérinaire préfère un appel pour une colique qui s'avère bénigne à un appel tardif pour une colique grave.

  1. Appeler le vétérinaire et lui décrire précisément ce que vous voyez : depuis quand, quels signes, si le cheval a crottiné, ce qu'il a mangé, si quelque chose a changé ces derniers jours (foin, pâture, travail, transport, vermifuge). Si vous savez prendre le pouls, la fréquence respiratoire ou la température, transmettez vos mesures ; s'il vous dit de ne pas toucher au cheval, suivez son avis.
  2. Retirer la nourriture : rentrer le cheval du pré, ôter le foin et les concentrés, en attendant l'avis du vétérinaire. Laisser l'eau sauf consigne contraire.
  3. Mettre le cheval en sécurité, dans un box paillé ou un paddock sans obstacle, ou le promener calmement en main s'il est agité et que cela reste sans danger pour vous. Un cheval qui se roule violemment peut se blesser contre une paroi ; inutile en revanche de l'épuiser par une marche forcée.
  4. Se protéger : un cheval qui souffre peut se jeter au sol sans prévenir. Ne restez jamais à côté de lui ni dans le box quand il se couche brutalement.
  5. Observer et noter l'évolution, crottins compris, jusqu'à l'arrivée du vétérinaire.

Ce qu'il vaut mieux éviter

Prévenir au quotidien

Toutes les coliques ne sont pas évitables, mais plusieurs facteurs de risque dépendent directement de la conduite d'élevage.

Après une colique

Un cheval qui a fait une colique, même bénigne, mérite qu'on cherche ce qui a pu la favoriser : une nouvelle botte de foin, un abreuvoir gelé, un changement de pré, une période de box. Si les épisodes se répètent, parlez-en avec votre vétérinaire pour faire le point sur l'alimentation, les dents, les parasites et les conditions de vie. Enfin, préparez-vous avant l'urgence : le numéro du vétérinaire et celui d'un confrère de garde enregistrés, un moyen de transport possible vers une clinique, et un cheval habitué à monter en van, ce qui se travaille au calme et jamais le jour même.

Sources